Keir Starmer au G7 sur tous les fronts : entre diplomatie économique, sécurité migratoire et soutien à l'Ukraine
- cirmafrance
- 17 juin
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Le bilan britannique du G7 d'Évian est celui d'un Premier ministre qui tente de prouver, sur la scène internationale, une compétence et une vision que ses adversaires internes lui contestent. Les alliés américains de Starmer ont eux-mêmes exprimé leurs inquiétudes face à la menace de défi au leadership, un officiel américain allant jusqu'à déclarer que Starmer est « un choix raisonnable pour l'instant, compte tenu des alternatives plus à gauche ». De même que le Premier Ministre du Royaume-Uni s'est fait assez discret dans ses apparitions et ses déclaration, une attitude jugée par The Guardian, comme le déclin de son influence sur la scène internationale.

Ce qui ne veut pas dire que les échanges autour de la table d'Évian n'ont pas porté leurs fruits. Keir Starmer s'est surtout appuyé sur ces échanges pour soutenir la politique britannique et résoudre les problèmes qui lui sont reprochés par ses adversaires. D'abord, Keir Starmer et le gouvernement travailliste ont pour objectif de démontrer leur capacité à attirer des capitaux étrangers et à créer des emplois dans des régions symboliques (comme Manchester, Leeds et Birmingham) qui constituent à la fois le cœur industriel en reconversion du pays et des bastions électoraux travaillistes. Keir Starmer ne peut pas se permettre un bilan économique négatif à l'approche d'une menace de défi interne au Labour. Bloomberg souligne que Starmer s'efforce d'afficher un sentiment de normalité alors qu'il fait face à la perspective d'une contestation de son leadership.
De leur côté, les partenaires du G7 observent avec intérêt la capacité du Royaume-Uni à maintenir son attractivité dans un contexte post-Brexit. La France, en tant que présidente du sommet, a intérêt à ce que ce type d'annonces multilatérales donne une image positive du G7 comme cadre de coopération économique productive.
C'est pourquoi, des entreprises françaises et indiennes ont annoncé verser 1,3 milliard de livres sterling dans des projets d'énergie propre et d'intelligence artificielle au Royaume-Uni, avec à la clé plus de 1 400 emplois concentrés à Manchester, Leeds et Birmingham. Le montage repose sur trois piliers distincts : un milliard de livres de la société française de capital-investissement InfraVia pour des infrastructures de stockage d'énergie par batteries et une plateforme énergétique flexible, 300 millions d'Atri Energy Transition pour le stockage à grande échelle, et 25 millions de la firme technologique indienne Hexaware Technologies pour des projets d'IA, de services numériques et de technologies quantiques. Ces engagements ont été formulés en marge du sommet du G7, organisé cette année sous présidence française à Évian-les-Bains du 15 au 17 juin 2026. Mais, les 1 400 emplois promis dans les grandes villes du Nord de l'Angleterre ne sont pas anodins. Ils répondent à une nécessité politique immédiate dans des circonscriptions où le parti Reform UK de Nigel Farage grignote le vote travailliste.

Post-Brexit, le pays cherche depuis plusieurs années à se repositionner comme destination attractive pour l'investissement international, en dehors des mécanismes automatiques du marché unique européen. La stratégie industrielle modernisée du gouvernement travailliste, place la transition énergétique et l'IA au cœur de la politique de croissance. Mais, la hausse des prix de l'énergie, alimentée en partie par les tensions géopolitiques liées à la guerre en Iran, a entamé la cote de popularité de Keir Starmer, et le Premier ministre subit une pression interne sans précédent.
C'est pourquoi, Keir Starmer a déclaré que « le monde est plus dangereux qu'il ne l'a été depuis une génération, avec les conflits à l'étranger qui se répercutent sur nos rivages », et qu'il est « concentré sur faire du Royaume-Uni le meilleur endroit pour faire des affaires en offrant aux investisseurs mondiaux la stabilité et l'environnement compétitif dont ils ont besoin pour croître. ». Ainsi, réunis en présence de Volodymyr Zelensky, les dirigeants du G7 ont signalé leur volonté d'intensifier la pression sur Moscou pour arrêter la guerre en Ukraine, notamment via des sanctions sur les hydrocarbures, principale source de financement russe. Le Royaume-Uni a joué un rôle moteur dans ce processus, avec un train de mesures concrètes : 210 millions de livres sterling d'aide au financement des exportations pour alimenter les centrales nucléaires ukrainiennes, et 70 nouvelles sanctions ciblant la flotte fantôme russe, les réseaux d'approvisionnement militaire et les circuits financiers illicites de Moscou.
Réunis en présence de Volodymyr Zelensky, les dirigeants du G7 ont signalé leur volonté d'intensifier la pression sur Moscou pour arrêter la guerre en Ukraine, notamment via des sanctions sur les hydrocarbures, principale source de financement russe. Le Royaume-Uni continue de soutenir son allié, avec un train de nouvelles sanctions, à savoir, 210 millions de livres sterling d'aide au financement des exportations pour alimenter les centrales nucléaires ukrainiennes, et 70 nouvelles sanctions ciblant la flotte fantôme russe, les réseaux d'approvisionnement militaire et les circuits financiers illicites de Moscou.

Enfin, sur la question du trafic de migrants, les pays du G7 se sont entendus pour intensifier leur coopération avec les pays d'origine, mais aussi pour traquer les contenus en ligne qui permettent d'organiser ce trafic. La déclaration prévoit notamment d'adopter une approche de « suivi de la piste de l'argent » en exploitant le renseignement financier pour identifier les acteurs criminels, de renforcer la gestion frontalière avec les pays d'origine et de transit, et de coopérer avec les entreprises de réseaux sociaux pour empêcher les groupes criminels d'exploiter les plateformes en ligne. Mais pour Keir Starmer, ce volet est politiquement délicat, car la migration irrégulière reste l'un des thèmes sur lesquels le Labour est le plus vulnérable face à Reform UK. Une déclaration qui fait écho aux tristes événements survenus à Belfast, le 13 juin 2026.



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