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La Chine au cœur des questions commerciales du G7 d’Évian

  • Ismael West
  • il y a 1 jour
  • 4 min de lecture

À la veille du sommet du G7  d’Évian, qui se déroule du 15 au 17 juin 2026, Emmanuel Macron a présidé une visioconférence réunissant les membres du G7, ainsi que la Chine, le FMI et des pays dits émergents, comme le Brésil, la Corée du Sud, l’Inde, le Kenya et l’Égypte. Baptisé « Sommet de convergence mondiale pour la croissance », cet événement vise à apaiser les tensions commerciales et à développer une coopération coordonnée entre les grandes puissances économiques. En organisant cette rencontre, la présidence française souhaite renforcer  le dialogue entre la Chine, les États-Unis et l’Europe, au-delà des mesures protectionnistes ou des rétorsions.



Ainsi, la Chine, bien qu’absente du G7, occupe une place structurante lors du sommet d’Évian, en raison de son poids économique et géopolitique, mais aussi parce qu’elle incarne, aux yeux des pays occidentaux, une opportunité de coopération indispensable et une menace pour l’ordre international. 


L’ordre du jour de la conférence était structuré en trois axes : la dépendance économique et technologique des pays du G7 vis-à-vis de Pékin, la réponse à une place croissante de la Chine sur la scène internationale et la recherche d’un équilibre entre dialogue et fermeté dans un contexte de rivalité géopolitique. Ces enjeux ne sont pas nouveaux, mais le sommet de 2026 marque un tournant dans leur traitement, avec une volonté de coordination occidentale face à Pékin, tout en révélant les divergences persistantes entre les membres du G7 sur la manière d’aborder la relation avec la Chine.


Sur le plan économique, la Chine reste le nœud des discussions du G7, à l’égard son rôle prépondérant dans les chaînes d’approvisionnement mondiales ainsi que des déséquilibres commerciaux qu’elle génère. Le sommet d’Évian se trouve dès lors être un cadre adapté pour mettre en lumière la dépendance critique des économies occidentales, et notamment européennes, aux importations chinoises de terres rares, de composants électroniques et de produits pharmaceutiques.


Les déséquilibres commerciaux constituent donc un point de friction important entre la Chine et le G7. D’abord, Pékin est régulièrement accusé de pratiques de dumping fiscal (notamment dans les secteurs des voitures électriques, des panneaux solaires et de l’acier), de subventions massives à ses entreprises d’État, et de restrictions d’accès à son marché pour les entreprises étrangères, ce qui fausse la concurrence et désavantage les pays occidentaux. Lors du sommet d’Évian, ces questions sont abordées de front, avec une résolution de la part des membres du G7 de coordonner leurs réponses pour éviter un scénario où chaque pays agirait de manière isolée. La France, en particulier, préconise l’adoption de mesures de sauvegarde, comme des tarifs douaniers provisoires sur les importations chinoises de véhicules électriques. Cependant, cette approche se heurte à des divergences internes au Forum. Depuis l’administration Biden, les Etats Unis ont adopté durcit leur ligne avec des sanctions ciblées contre les entreprises chinoises reposant sur une stratégie de découplage technologique et de restrictions sur les exportations de puces avancées vers la Chine. L’UE, de son côté, oscille entre fermeté et pragmatisme en cherchant à éviter une rupture totale qui nuirait aux intérêts économiques européens. Cette asymétrie transatlantique complique la mise en place d’une réponse commune du G7 face à la Chine.


Sur le plan géopolitique et stratégique, la Chine perçoit le G7 comme une institution de plus en plus dépassée, sans aucune légitimité pour représenter l’ordre mondial, cherchant à remodeler l’ordre international en sa faveur. Une position chinoise qui reste cependant ambivalente dans sa participation à de tels sommets : Emmanuel Macron s’est longuement entretenu avec le président Xi Jinping quelques jours en amont. Ainsi, d’un côté, Pékin insiste sur la nécessité d’une coopération internationale pour faire face aux défis globaux, en mettant en avant son rôle de partenaire responsable, mais de l’autre, il prône une vision sino-centré de l’ordre international. Le vice-Premier ministre chinois, Zhang Guoqing, a ainsi plaidé pour un « véritable multilatéralisme » et un commerce sans barrières, tout en soulignant que la Chine était ouverte à des discussions sur les déséquilibres économiques. Pékin instrumentalise l’actualité du sommet d’Évian pour promouvoir en parallèle ses propres initiatives et contester la légitimité du G7 comme forum de gouvernance mondiale. Ainsi, Pékin rappelle régulièrement que le G7, en tant que club des pays développés, ne représente pas la diversité du monde actuel, et souligne l’importance du G20, où la Chine est membre, comme cadre plus inclusif et représentatif.


Cependant, cette posture coopérative est tempérée par une fermeté sans faille sur les questions de souveraineté et de sécurité nationale. Pékin a clairement indiqué qu’aucune ingérence dans ses affaires intérieures dont Taïwan, le Xinjiang ou encore Hong Kong, ne devait survenir et que la Chine défendrait ses intérêts stratégiques. Cette dualité est caractéristique de la diplomatie chinoise, permettant à Pékin de maintenir un dialogue avec l’Occident tout en affirmant sa position de puissance montante.


C’est pourquoi, la Chine profite des divisions au sein du G7 pour avancer ses pions. Elle a renforcé ses liens avec certains pays européens, comme l’Allemagne et l’Italie, via des accords bilatéraux dans les domaines de l’innovation, des énergies vertes et des infrastructures, tels que ceux signés à Pékin par Friedrich Merz en février 2026, tout en exerçant des pressions économiques sur la France avec des menaces d’embargos sur des produits agricoles et des pressions sur les entreprises françaises, pour inciter Paris à modérer ses positions. Cette approche différenciée lui permet de minimiser l’impact des mesures coordonnées du G7 et de maintenir son influence en Europe.


Enfin, la Chine a anticipé les mesures du G7 en prenant des contre-mesures pour protéger ses intérêts. Par exemple, elle a accéléré ses investissements dans les technologies critiques, comme les semi-conducteurs, l’IA ou encore les énergies vertes, pour réduire sa dépendance aux importations occidentales, et elle a diversifié ses partenariats avec la Russie, les pays du BRICS, l’ASEAN et l’Afrique. Pékin a renforcé ses contrôles sur les exportations de produits stratégiques, tels que les terres rares, les métaux et les composants électroniques, lui permettant d’exercer une pression économique et diplomatique, sur les pays qui adopteraient des mesures trop hostiles. Des mécanismes visant à dissuader les membres du G7 de mettre en place des politiques trop défavorables au intérêts chinois 


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