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La Stratégie Navale de la Corée du Sud depuis les années 1980 : La Corée au-delà de l’horizon, la défense de l’intérêt national dans les eaux internationales (Partie III)

  • Photo du rédacteur: cirmafrance
    cirmafrance
  • 17 févr.
  • 11 min de lecture

La Corée du Sud est retranchée entre la Chine et le Japon avec qui elle entretient des conflits au sujet des Zones Économiques Exclusives. Sa ZEE est ainsi encerclée par celles de ses deux voisins et demeure restreinte. Pourtant, les intérêts du pays péninsulaire ne se limitent pas à ses eaux nationales. Avec la modernisation de son économie, son développement comme l’un des quatre dragons asiatiques et les enjeux pesant sur les voies de commerce maritime, la République de Corée a des intérêts à défendre dans des espaces maritimes divers. Il ne s’agit là pas de simples capacités de projections de forces militaires afin d’exister et agir comme puissance navale de la manière dont nous l’avons abordé dans la partie 2, mais d’employer le militaire afin de défendre l’économie. Il s’agit en effet d’un des leviers de développement les plus importants de ce membre de l’OCDE et du G20, 13e économie mondiale et le 8e exportateur mondial en 2023. La Marine coréenne et ses chantiers navals s’avèrent ainsi des outils polyvalents qui doivent continuer à être poli afin d’améliorer leur dimension défensive, autant militaire qu’économique ou diplomatique.


Le sea power est un terme ambigu. Cela est principalement dû au fait que l’amiral Mahan, son concepteur au XIXe siècle, a déployé cette notion dans un sens large sans fournir de définition claire et succincte. Selon Geoffrey Till, la difficulté de comprendre le sea power tient à trois raisons : « les limites des mots pour décrire les choses liées à la mer », les diverses significations du terme « power » et ce que les gens considèrent comme recouvrant réellement l’expression sea power. Le terme est traduit généralement par haeyangryuk en coréen, depuis que l’intérêt pour ce concept s’est éveillé dans les cercles universitaires coréens durant les années 1970, lorsque des ouvrages sur le sujet ont été traduits dans leur langues. L’acceptation de cette approche de la mer et les débats que cela suscite au sein des intellectuels de la province péninsulaire montrent que la nature globale de la puissance maritime est comprise par ce pays. Ce dernier s’ouvre ainsi à dépasser le seul cadre militaire puisque, comme l’envisage Seong-yong Park, « de ces approches conceptuelles, on peut conclure que le sea power s’articule autour d’une gamme de capacités dans l’utilisation et le contrôle de la mer et dans l’exercice d’une influence ; sa nature est à la fois militaire et non militaire ».


De la théorie à la pratique, il y a la concrétisation, la matérialisation de la pensée. Dans l’environnement du nord-ouest asiatique de l’après-guerre froide, les progrès navals des différentes nations, au premier rang desquels la Chine et le Japon, ont accru la pression stratégique sur la République de Corée dans le cadre de la réalisation et la protection de ses intérêts maritimes. Pour s’adapter, au lieu d’améliorer ses capacités uniquement contre la Corée du Nord comme c’était le cas jusque-là, la marine sud-coréenne, nommée la ROKN, s’est imprégnée d’une vision hauturière, notamment sous l’impulsion d’amiraux comme Byoung-tae An (chef des opérations navales entre 1995 et 1997), pour renforcer ses capacités en réponse à de potentielles menaces globales. La marine hauturière sud-coréenne constitue une opportunité de changement de paradigme vers une politique et une stratégie navales orientées vers l’avenir en fournissant des objectifs spécifiques à celle-ci et en reflétant le rôle stratégique de la ROKN en tant qu’un des garants d’équilibre dans la sécurité maritime régionale. Si la République de Corée s’est ainsi façonné une place entre les grandes puissances maritimes de l’Indo-Pacifique, cette capacité à se développer discrètement répond à des enjeux propres et lui permet d’utiliser habilement sa marine à des fins non-militaires. Ainsi, pourquoi et comment la Corée du Sud conjugue les manœuvres en dehors de ses eaux relèvent de stratégies navales ayant de grands enjeux pour la politique nationale du pays ? 


La protection des voies maritimes, enjeu de la défense de l’économie

Les Sea Lines of Communication, abrégées généralement SLOC, de la Corée du Sud sont au cœur de sa structure économique orientée vers l'exportation et l’importation. Si la majorité du commerce international passe par le transport naval, ces échanges maritimes sont plus nécessaires pour cet Etat nécessaires en raison de son insularité géopolitique comme abordé dans la première partie de ce triptyque. Les quatre SLOC principales sont : la voie septentrionale vers la Sibérie qui redescend ensuite vers les continents nord et sud-américains ; la route vers les zones industrialo-portuaires du Japon ; la ligne directe Corée-Chine ; et la voie méridionale traversant l’Indo-Pacifique jusqu’à l’Afrique et l’Europe dans le même sillage que la Belt Road Initiative, ou Nouvelles Routes de la Soie, initiée par la Chine en 2013. La prospérité de la Corée du Sud dépendant de ces SLOC, il est vital pour le pays de les protéger et cela au travers de deux stratégies principales. 


Après que les États-Unis ont cessé de se charger de leur sécurisation à la fin de la guerre froide, la République de Corée a utilisé les leviers du renforcement de ses capacités navales et de la coopération internationale. Dans le cadre du développement de sa puissance navale, l’implication intensive de la ROKN dans la lutte contre la piraterie dans les eaux somaliennes depuis 2009, allant jusqu’au déploiement de destroyers au Ghana ou dans le détroit d’Ormuz, entre dans les stratégies de protection de la SLOC méridionale. Néanmoins, en tant que puissance moyenne, les efforts de développement d’une marine performante demeurent insuffisants pour assurer seule la protection d’espaces si vastes, rendant nécessaire la coopération internationale par l’établissement d’un réseau de partenaires stratégiques pour assurer la stabilité et la paix non dans ses propres eaux, comme dans ses accords avec l’Inde évoqués dans la deuxième partie, mais sur ces voies de navigation. 


De plus, la Corée du Sud n’est pas la seule nation faisant transiter son commerce par ces voies. La Chine ou encore le Japon ont également besoin que ces passages soient sécurisés et prennent des mesures contribuant indirectement à la protection de la SLOC méridionale par la concordance des intérêts imposée par la géographie.


La question débattue de l’intégration de la République de Corée à la BRI soulève alors une réalité concrète, celle que la Corée du Sud a tout intérêt à éviter l’éclatement d’une guerre dans l’Indo-Pacifique.


Carte des enjeux de l’Indo-Pacifique
Carte des enjeux de l’Indo-Pacifique

Une paix nécessaire face aux risques de la guerre entre les « baleines »

Si du point de vue militaire et politique, le soutien des États-Unis envers la Corée du Sud, le traité de défense mutuelle et la position géopolitique dans le dispositif de sécurité américain font de la République de Corée un allié des États-Unis en cas de guerre ouverte avec la Chine, les connexions économiques du pays péninsulaire avec la grande puissance asiatique font qu’une coupure de ceux-ci nuirait gravement à son commerce, mais aussi à d’autres domaines comme la recherche universitaire. Ainsi, comme pour d’autres membres de l’Association des nations de l'Asie du Sud-Est, l’ASEAN, la position initiale sud-coréenne à propos du Free and Open Indo-Pacific reste bien plus neutre que celle du Japon et de l’Australie, l’Indo-Pacifique étant un concept refusé par la Chine car il sous-tend une vision idéologique occidentale autour de la rivalité sino-américaine. Le rôle de la Corée du Sud comme l’un des garants de la paix et de la stabilité dans l’Indo-Pacifique n’est donc pas seulement une position idéologique, mais également une stratégie navale pour éviter une guerre nuisible. 


Cela passe principalement par la « diplomatie publique navale » qui, selon Alexander M. Hynd, repose pour la ROKN sur trois piliers : la lutte contre la piraterie associée aux actions d'évacuation, la coopération multilatérale navale et enfin les activités d’Humanitarian Assistance and Disaster Response. Si indépendamment chacune de ces composantes relève de stratégies navales différentes déjà présentées dans les précédentes parties, ensemble elles permettent de saisir le soft power de la ROKN. 


Premièrement, son activité navale n’est pas perçue comme une menace comparativement à ses voisins et la ROKN peut donc approcher les pays plus facilement pour tenter de les influencer. Deuxièmement, la République de Corée étant une puissance moyenne, les attentes à son égard sont moins importantes. De fait, même des contributions mineures sont perçues positivement. Troisièmement, comme démocratie capitaliste libérale récente et dynamique respectant les normes maritimes internationales, sa diplomatie publique est plus attrayante que celle d’États autoritaires. Des particularités du sweet power, soft power marqué notamment par une absence d’impérialisme et conceptualisé en sociologie à partir de la culture sud-coréenne, se retrouvent donc également dans la stratégie navale. 


Selon Ian Hall et Frank Smith, « deux courses aux armements ont lieu aujourd’hui en Asie : l’une pour les capacités militaires et l’autre pour les armes du "soft power" ». Si la question de la diplomatie navale relève du smart power, cette présentation dichotomique entre hard power et soft power a le mérite de soulever l’importance de la course à la technologie navale dans le maintien de la place d’une marine nationale sur la scène de l’Asie indo-pacifique, et ce afin d’être en mesure d’agir dans son intérêt face à d’autres acteurs.


La compétition technologique : demeurer un acteur dans l’Indo-Pacifique

Si la Corée a modernisé sa marine à partir des années 1980, c’est également le cas de plusieurs États de l’Asie de l’Est, aboutissant à une compétition permanente de recherches d’avancée technologique provoquant des reconfigurations régulières des stratégies navales et nécessitant une surveillance constante de la situation. Cela en est au point où les pays de cet espace peuvent dépasser l’OTAN, États-Unis exclus, en matière de dépenses navales d’ici 2030. Dans ce cadre, des partenariats sont mis en place, comme le souligne le mémorandum d’entente indo-coréenne entre la Defence Research and Development Organisation et la Defence Acquisition and Procurement Agency de Corée du Sud, dans le but d'identifier les domaines technologiques de défense d'intérêt mutuel. Ce protocole envisage également le co-développement et la coproduction de produits de défense avec l'industrie indienne. La stratégie navale de développement technologique rend aussi la Corée compétitive en tant que fournisseur de marines d’autres pays, comme en 2012 avec un contrat pour fournir trois sous-marins à l’Indonésie ou en participant à des programmes européens comme le Tide de la Royal Navy, lui permettant ainsi d’influencer et dialoguer. 


Pour maintenir cette position stratégique dans la hiérarchie des marines, différents programmes sud-coréens ont été lancés depuis le début des années 2020, axés autour du projet de l’établissement d’une SMART Navy et impliquant davantage Daewoo Shipbuilding & Marine Engineering et Hyundai Heavy Industries. Cela va du Total Ship Computing Environment, concernant les systèmes informatiques, aux Unmanned Maritime Systems, notamment dans la lutte anti-sous-marine et la guerre des mines. La Navy Vision 2045 met même en place des infrastructures fondamentales pour la construction d’une IA de défense, conduisant en 2023 à la création d’une division spécialisée au sein du Navy Headquarters’ Intelligent Information Technology Department et à l’intégration de l’Information System Management Corps et du Ship and Aircraft Software Support Center pour centraliser les données navales.


Depuis la fin de la guerre froide, de nouveaux défis sécuritaires dans le domaine maritime ont obligé la Corée du Sud à assumer de nouvelles tâches. En conséquence, la marine coréenne devint capable de protéger les intérêts nationaux en haute mer sur les plans militaire, économique ou encore diplomatique, entrant dans une course à la technologie et à l’exportation pour faire valoir lesdits intérêts face à des partenaires et adversaires commerciaux et politiques ainsi qu’assurer une profitable paix régionale garantissant le maintien de l’économie. Cela conduit à des évolutions du sea power de la République de Corée pour préserver sa position commerciale, ses leviers diplomatiques et ses options stratégiques. Ainsi, aujourd’hui la Corée du Sud est passée du cinquième au quatrième rang des puissances navales de la typologie établie par d’Eric Grove.


Les études sur le renforcement de cette puissance démontrent la conscience des militaires sud-coréens au sujet de l’importance dudit renforcement pour que cette puissance moyenne ait un poids dans les relations internationales.  La ROKN est donc devenue stratégiquement essentielle à la prospérité nationale en tant qu’escorte de l'économie, protectrice des activités maritimes et gardienne de la paix indo-pacifique. 


La multiplicité des contraintes et des dangers conduit à une certaine habileté de la ROKN hors du domaine purement militaire, montrant que, comme l’évoque Bertrand Badie, « face à des menaces devenues globales, […] le succès amorcé des puissances les plus agiles, qui – à l’instar de la Corée du Sud, de l’Allemagne et de quelques pays nordiques – savent tirer profit de la mondialisation tout en se protégeant de ses méfaits, […] invite […] à repenser la sacro-sainte sécurité internationale pour l’élargir à ses dimensions humaines ».



Sources :

Relations internationales :

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-GAUTHIER Pierre-Louis, « Asie : une nouvelle « route de la soie » du savoir », Revue internationale d’éducation de Sèvres, Vol. 84, 2020, p. 29-32.

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Stratégie :

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