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Conférence annuelle d’examen de la sécurité de l'OSCE : une Europe fragmentée et une Organisation fragilisée

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    cirmafrance
  • il y a 6 jours
  • 3 min de lecture

La Conférence annuelle d'examen de la sécurité (ASRC) de l'OSCE s'est ouverte à Vienne le 17 juin 2026, réunissant hauts fonctionnaires et diplomates des 57 États participants de l'Organisation pour une plateforme inclusive de discussion sur les défis sécuritaires régionaux. Sous la présidence suisse de 2026, les discussions se sont concentrées sur la situation sécuritaire dans la zone OSCE, réunissant des responsables de haut rang en charge des politiques de sécurité.


Après plusieurs années de blocage institutionnel, les 57 États participants sont parvenus à adopter le budget 2026 de l'organisation, signal d'une résilience minimale. La conférence s'est tenue dans un contexte de crise existentielle pour l'organisation, sur fond de guerre en Ukraine et d'interrogations profondes sur la capacité du multilatéralisme sécuritaire européen à survivre à la fracture russo-occidentale.


Credit: © OSCE
Credit: © OSCE

La Conférence annuelle d'examen de la sécurité (ASRC) a été créée par le Conseil ministériel de 2002, à Porto, afin de renforcer le dialogue sur la sécurité et de permettre aux États participants d'échanger leurs vues sur des questions liées à la maîtrise des armements, aux mesures de confiance et de sécurité, ainsi que de promouvoir la coopération avec les organisations internationales et régionales compétentes. Un exercice de taille, donc, pour Ignazio Cassis, qui présidence l'OSCE depuis janvier 2026. Il l'avait annoncé dans son discours de prise de fonction, la priorité reste la préservation de l'esprit d'Helsinki, ainsi que la recherche d'une solution au conflit russo-ukrainien.


Dans un contexte de fortes tensions géopolitiques et d'évolution des menaces sécuritaires, les participants échangeront leurs points de vue sur les principaux défis auxquels est confrontée la zone OSCE et sur le rôle de l'Organisation dans la promotion de la sécurité, de la stabilité et du dialogue.

Préserver la paix reste un défi de taille et la principale préoccupation de l'OSCE, alors que la Russie et la Biélorussie ont systématiquement bloqué des décisions fondamentales, comme l'adoption du budget, la prolongation des missions de terrain, la nomination des présidences, sapant ainsi le fonctionnement ordinaire de l'organisation. La présidence suisse avait bien tenté de jouer la carte de la médiation. Le 6 février 2026, Ignazio Cassis et le Secrétaire général de l'OSCE Feridun Sinirlioğlu ont conclu une visite à Moscou où ils ont rencontré le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov — première visite d'un président en exercice de l'OSCE en Russie depuis le 24 février 2022.  Après quatre heures d'entretien, Cassis avait déclaré vouloir « montrer la volonté de tendre la main » et voir dans cette démarche « un point de départ ».  Les avancées concrètes sont restées pour l'heure limitées.


Du côté russe, le narratif demeure tenace. Lavrov a justifié la défiance de Moscou par ce qu'il décrit comme un rejet radical, par la plupart des pays occidentaux, des principes énoncés dans l'Acte final d'Helsinki, retournant ainsi contre ses détracteurs l'esprit même de la charte fondatrice de l'organisation. Le Kremlin entend en outre que la présidence suisse corrige « la sous-représentation évidente de la Russie dans les postes politiquement significatifs » de l'OSCE. Un signe que Moscou ne cherche pas à quitter l'organisation, mais à la paralyser de l'intérieur. À ce jour, le ministère russe des Affaires étrangères n'a pas communiqué sur la tenue de l'ASRC 2026.


L'Organisation traverse une des crises les plus graves de son histoire, car paralysée depuis le déclenchement de la guerre en 2022. De même que le contexte dans lequel se tient l'ASRC est en lui même un défi : l'intelligence artificielle modifie déjà la manière dont les conflits sont préparés, conduits et perçus, les drones ont transformé le champ de bataille en Ukraine et les cyberattaques hybrides ciblent institutions et infrastructures critiques.


Dans l'attente d'un compte-rendu, l'enjeu de l'ASRC 2026, réside dans le maintien du dialogue entre les Etats membres, à l'image de l'Arménie, qui a déjà fait savoir qu'elle apporterait son soutien aux efforts visant à réorganiser l'institution et, pour leur environnement sécuritaire, à accentuer sa coopération avec la Turquie.


De son côté, le Ministère russe des Affaires étrangères n'a pas encore communiqué sur la tenue de cette conférence.


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