Les gardes-frontières finlandais rejoignent l'EUROGENDFOR : la question de la frontière en état d'alerte
- cirmafrance
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Le 1er juin 2026, le lieutenant-colonel Topi Räsänen, premier officier des gardes-frontières finlandais, a pris ses fonctions d'officier de liaison au quartier général permanent de la Force de gendarmerie européenne (EUROGENDFOR) à Vicence, en Italie. Cette présence fait suite à une décision prise en décembre 2025 lors de la réunion de haut niveau du Comité Interministériel de Haut Niveau, le CIMIN ('organe de gouvernance politique d'EUROGENDFOR) qui a approuvé à l'unanimité la Finlande comme membre partenaire de l'organisation. La Finlande rejoint ainsi le cercle d'États dont les forces de sécurité à statut militaire ou paramilitaire participent à la gestion collective des crises et des frontières à l'échelle européenne.

Alors que la guerre en Ukraine reprend en février 2022, l'écho de cette menace se fait ressentir chez les anciennes républiques soviétiques, mais aussi sur les territoires convoités par la Russie. C'est pourquoi, la Finlande est devenue le 31e membre de l'OTAN, mettant fin à sept décennies de neutralité héritées de la Guerre froide. La Finlande partage 1 340 kilomètres de frontière terrestre avec la Russie, la plus longue frontière commune entre un État membre de l'OTAN et Moscou, ce qui en fait un acteur de premier plan dans toute réflexion sur la sécurité aux marges orientales de l'Europe.
La frontière finlandaise n'est pas exposée à une seule menace, mais à un continuum de pressions que les analystes qualifient de « spectre hybride ». De ce fait, l'adhésion finlandaise à l'EUROGENDFOR s'inscrit dans une trajectoire d'intégration dans les architectures de sécurité collective européennes et atlantiques, engagée depuis l'invasion russe de l'Ukraine. D'abord, en rejoignant l'OTAN en 2023, la Finlande a ancré sa défense territoriale dans le cadre atlantique. Puis, en rejoignant l'EUROGENDFOR le 1er juin 2026, l'Etat ancre sa gestion des frontières dans le cadre européen multilatéral.
Notamment parce que les pressions exercés sur la frontières finlandaise, par la Russie, sont nombreuses. La Russie aurait « escorté » des centaines de personnes pour passer la frontière vers l'Union européenne en 2015 et en 2023. Moscou facilite l'acheminement de ressortissants de pays tiers, jusqu'à la frontière finlandaise, les pousse à franchir la ligne, puis laisse les autorités d'Helsinki gérer la pression juridique, humanitaire et politique qui s'ensuit. Dans un autre registre, depuis 2022, les pays nordiques et baltes signalent fréquemment des interférences puissantes affectant les signaux de navigation par satellite près de leurs frontières, perturbations qui impactent les avions civils, les navires et les drones sur de larges zones. Désormais, les gardes-frontières finlandais se disent préparés à tous les scénarios, qu'il s'agisse de menaces hybrides comme le brouillage GPS, le survol par des drones ou l'instrumentalisation des flux migratoires.
Ainsi, cette nouvelle relation entre la Finlande et EUROGENDFOR, est importante, à plusieurs titres. D'abord, parce que les gardes-frontières finlandais (Rajavartiolaitos) constituent une force d'environ 2 500 personnels alliant compétences de police aux frontières, surveillance maritime et capacités de projection en environnement arctique ou de haute intensité. Leur maîtrise des technologies de surveillance, comme les drones, les capteurs thermiques, les systèmes de détection à longue portée, constitue un savoir-faire rare et recherché dans le contexte européen. Ensuite, leur insertion dans l'EUROGENDFOR permet de connecter directement les procédures opérationnelles finlandaises aux standards multinationaux de l'organisation, facilitant les déploiements communs en cas de crise.



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