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OceanEye : L'Union Européenne scrute la mer et les océans

  • Photo du rédacteur: cirmafrance
    cirmafrance
  • 7 juin
  • 2 min de lecture

Lors des Journées européennes de l'océan 2026, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a annoncé le lancement d'OceanEye, une nouvelle initiative européenne de surveillance et d'observation des océans, destinée à jeter les bases d'une approche plus intelligente et mieux coordonnée de la compréhension des mers.  



Adossée au jumeau numérique européen de l'océan (EDITO) et au programme marin Copernicus, cette initiative ambitionne de constituer une infrastructure technologique souveraine et de pointe pour l'observation marine, en soutien aux efforts internationaux de protection des océans.  En parallèle, von der Leyen a appelé à la création d'une alliance internationale réunissant États membres de l'UE et partenaires extérieurs autour d'engagements communs de financement et d'un cadre pour une action et une coopération coordonnées, avec une contribution initiale de 50 millions d'euros issus d'Horizon Europe pour la période 2026-2027.  La Commission s'est fixé pour objectif de faire de l'UE le premier fournisseur mondial de renseignements océaniques d'ici 2035, avec une cible de contribution à 35 % du système mondial d'observation des océans et de captation de 35 % du marché des technologies d'observation marine.


"Pour revenir à mon premier point, plus nous disposons d'informations sur l'océan, mieux nous pouvons préserver son immense patrimoine naturel et nous protéger. Prenons l'exemple d'un incident survenu à Venise il y a quelques années : l'une des plus belles villes d'Europe était menacée d'inondations catastrophiques. Une marée de tempête dévastatrice a déferlé sur l'Adriatique et a failli anéantir la ville. Mais grâce à un réseau de capteurs, Venise a déployé ses digues au bon moment. La ville et ses habitants ont été sauvés. Et pour garantir ce type de protection partout dans le monde, nous avons besoin de davantage de données, provenant de davantage de lieux.", extrait du Discours d'ouverture de la présidente von der Leyen aux Journées européennes de l'océan

Pourquoi maintenant ? Plusieurs facteurs convergent. Tout d'abord, le dérèglement climatique, qui a rendu l'observation marine incontournable, pour prévenir les catastrophes, comme la montée des eaux, l'acidification, la modification des courants, la multiplication des événements météorologiques extrêmes.


De même que dans un contexte marqué par la montée des conflictualités hybrides, la souveraineté maritime ne se pense plus sans souveraineté numérique. Et si l'UE a longtemps délégué cette fonction à des partenaires ou à des institutions multilatérales, la recomposition de l'ordre mondial — désengagement américain progressif des instances multilatérales, rivalité sino-américaine dans les espaces maritimes stratégiques — la pousse à s'affirmer comme acteur autonome dans ce domaine.


Mais c'est surtout la dépendance technologique à des acteurs extérieurs, qui inquiète Bruxelles et en particulier dans les domaines de l'intelligence artificielle appliquée aux données maritimes et des capteurs sous-marins, où la Chine progresse rapidement.





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